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En chinois, un pénis populaire se dit GUI TOU,
"tête de tortue", c'est mieux NON?
DARCOS: peine à faire jouir...l'école.
Mucchielli« Rajeunissement de la délinquance ? Au contraire... »
Juliette VINCENT - RMC.fr, le 04/12/2008
Rachida Dati et le rapport Varinard sur la réforme de la justice des mineurs sont loin de faire l'unanimité. Point de vue d'un sociologue.
Le rapport Varinard sur la réforme de la justice des mineurs a été remis hier à la garde des Sceaux, Rachida Dati. Un rapport dont la mesure la plus visible -l'abaissement de 13 à 12 ans de la possibilité d'incarcération des mineurs- inquiète magistrats et socialistes, entre autres... Même si, dans le même temps, le rapport préconise d'interdire l'incarcération avant 14 ans, sauf en matière criminelle. Ce nouveau «code de la justice des mineurs» devrait prêt fin mars 2009.
Discours « alarmiste »
Laurent Mucchielli, sociologue et chercheur au CNRS, en dénonce le « prétendu diagnostic, catastrophique qui déforme la réalité et fait peur aux gens ». Sur son blog (blog.claris.org) et sur RMC ce matin, il démonte, chiffres à l'appui et point par point, les conclusions de ce rapport et le discours, selon lui alarmiste, de Rachida Dati. Un discours et des méthodes qui ne datent pas d'hier. Pour preuves, les « nombreuses réformes de la justice des mineurs - les lois Perben I en 2002 et Perben II en 2004, les deux lois sur la récidive en 2005 et 2007, la loi sur la prévention de la délinquance de 2007 ».
Les mineurs délinquants ne sont pas de plus en plus jeunes
« La délinquance est plus jeune », peut-on lire dans le rapport Varinard qui explique que tandis que la délinquance globale baisse, celle des mineurs continue. « C'est tout simplement faux, affirme Laurent Mucchielli. Après avoir fortement augmenté entre 1994 et 1998, la part des mineurs dans l'ensemble des personnes mises en cause par la police et la gendarmerie n'a au contraire cessé de baisser depuis dix ans, passant de 22% en 1998 à 18% en 2007. [...] En réalité, l'écart le plus important est constaté dans la tranche des 40-60 ans et pourrait presque conduire à une hypothèse inverse (un vieillissement de la délinquance...) »
Les moins de 13 ans ne constituent pas un problème nouveau et grave
Dans le dossier de presse de la commission Varinard, on peut lire : « Les progressions les plus fortes sont constatées chez les moins de 13 ans. » Alors que Rachida Dati veut abaisser de 13 à 12 ans la possibilité d'incarcération des mineurs, arguant de la « gravité » de ce « nouveau » phénomène, Laurent Mucchielli relativise : « En 2006, la justice a condamné 32 personnes de moins de 13 ans. Les mineurs de moins de 13 ans représentent 0,3% de l'ensemble des personnes condamnées. »
« Pas un rajeunissement... une judiciarisation de notre société »
Condamner plus, plus tôt, plus vite. L'objectif de la garde des Sceaux n'inquiète pas que les magistrats et l'opposition. Le sociologue Laurent Mucchielli constate en effet : « Nous sommes dans une société qui judiciarise de plus en plus, qui n'est plus capable de régler beaucoup de petits conflits de la vie ordinaire : des conflits familiaux, de voisinage... On voit aujourd'hui dans les cabinets des magistrats des enfants, des histoires de bagarres de cours de récréation : untel a tapé l'autre pour lui prendre son ballon... c'est-à-dire des choses qui ont toujours existé. Mais aujourd'hui, la nouveauté, c'est qu'on saisit la justice pour ça. Les adultes et l'école ne veulent plus, ne sont plus capables de régler ça entre eux. Donc, fatalement, on voit arriver de petites affaires qui impliquent des gamins plus jeunes. C'est ça le fameux prétendu rajeunissement. »
Plus l'infraction est grave, plus des majeurs sont en cause
Laurent Mucchielli est lassé par « les bons vieux discours décadentistes » de ces dernières années qui « répètent en boucle : les délinquants sont de plus en plus jeunes, de plus en plus violents, ils n'ont plus de repères, les parents ont démissionné, la justice est laxiste, tout fout le camp, il n'y a plus de jeunesse, plus de valeurs... ». Il souhaite « élever le débat et rétablir la vérité : systématiquement les mineurs font des choses moins graves que les majeurs. Plus on monte en grade dans les infractions, plus on trouve des majeurs. »
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Pour la détection précoce :
« On sait qu'un délinquant a eu, enfant, des troubles du comportement »
Comme ce fut déjà le cas en 2006, lorsque Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait proposé cette mesure, la sortie de Lefebvre a entraîné un tollé chez bon nombre de spécialistes
de la petite enfance. Une pétition avait alors recueilli plus de 46 000 signatures. Pour mémoire Jean-Alain Benisti est le député UMP auteur du rapport sur la prévention de la délinquance
sur lequel s'était appuyé Nicolas Sarkozy en 2006.
Il explique pourquoi, dans son rapport, il préconisait le dépistage de troubles du comportement au plus jeune âge, c'est à dire dès 3 ans : « On ne se lève pas un jour à 14 ans, en se disant : "Tiens je sais pas quoi faire aujourd'hui, je vais devenir délinquant." Si un enfant a des
problèmes de comportement, c'est qu'il est en souffrance. Et cette souffrance va se transformer évidemment en un comportement extrêmement agressif à l'égard des autres. Ce n'est pas parce qu'un
enfant a des troubles du comportement qu'il sera délinquant. Par contre, on sait pertinemment qu'un jeune délinquant est un jeune qui a eu des troubles du comportement avec des sources
diverses. Mieux vaut les traiter avant plutôt qu'après. »
Contre la détection précoce :
« Un enfant agressif à 3 ans ne devient pas forcément délinquant »
Evidence et pertinence selon le député UMP. Mais un raisonnement qui ne tient toujours pas auprès des spécialistes de l'enfance. Dominique Versini est la défenseure des enfants depuis
juin 2006. Son rôle : défendre et promouvoir les droits de l'enfant tels qu'ils ont été définis par la loi ou par un engagement international comme la Convention internationale des droits
de l'enfant (CIDE) ratifiée par la France en 1990. Elle est farouchement opposée à la proposition du député Benisti, reprise par Frédéric Lefebvre : « Si des petits garçons ou des petites filles se tapent dessus dans une cour de récréation... les adultes doivent leur expliquer ce qu'on fait et ce
qu'on ne fait pas. Mais il ne faut pas y voir malice, ni avoir d'inquiétude, ce n'est pas très sérieux. »
D'un même élan, le professeur Claude Bursztejn, chef du service
psychothérapique pour enfants et adolescents des hôpitaux universitaires de Strasbourg, souligne les dangers d'une telle systématisation, à ses yeux totalement aléatoire : « C'est confondre prévention et prédiction. On ne peut pas prédire ce que sera l'adulte en voyant un enfant de trois ans. Il ne s'agit pas de
nier qu'il y a des enfants qui ont des troubles du comportement et que cela doit attirer l'attention... mais il ne faut pas être dans cette dérive de signalement, de fichage. »
Contre la détection précoce :
« Associer troubles et délinquance, c'est programmer l'enfant »
Le professeur Martine Myquel, chef du service pédopsychiatrie au centre médico psychologique Lenval, à Nice, est membre de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Elle va même plus loin, pointant du doigt un risque profond de prédétermination et de conditionnement de l'entourage : « Penser, quand on voit un enfant qui tape les autres, qu'il va être délinquant, c'est quasiment le programmer. Si tout le monde a dans la tête, les parents, l'école, une prévision qu'il va devenir délinquant, on va l'amener éventuellement à l'être. Au lieu de développer ce qu'il y a de positif chez lui. »