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La liberté, à l'inverse des piles, ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Je sacrifie donc à cette nouvelle mode du blog, qui donne un espace de liberté supplémentaire à coté duquel je ne saurais passer.
Mardi 2 décembre 2008
Gratuité des écoles et lycées français de l'étranger pour les expatriés ?

Il n'y a plus d'argent ????

 
Info de la FCPE, merci de la diffuser largement autour de vous. 
 
Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, 
Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux 
expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un 
cadeau sympa, non ?
Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et
que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco. Au diable l'avarice!
Pour les expatriés modestes, un
système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an - pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un quart des élève français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale... quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite.
"
J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français."
 Encore merci ! 

Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus 
annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors, une 
partie du financement était assurée par des grandes entreprises 
françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces 
boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat' si l'Etat régale ?
Un coût qui fait
boum Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du "Canard". D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP ( sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an ! 
Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux 
établissements, pas la gratuité.
Mais pourquoi Nicolas Sarkozy 
  s'est lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha... Et il va falloir payer !
Auditionné par le Sénat à
la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus "inconvénients". Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle... mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n'en veut pas. "Je tiens beaucoup à la gratuité", s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très 
généreuse gratuité !

 

Par laoba - Publié dans : je-me-mets - Communauté : Quelle école pour vos enfants?
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Samedi 22 novembre 2008

Tiens, revoilà Villepin. On le voit au 20 Heures, sur des images d'archives, entrer au Palais de Justice, en souriant toujours crânement. On apprend qu'il est renvoyé en Correctionnelle, dans la ténébreuse affaire Clearstream. La nouvelle s'intercale dans les journaux télévisés, entre les échanges de horions socialistes et la grève des profs.

Tend-on un peu l'oreille, on entend des déclarations outrées: l'ancien Premier ministre serait traité comme un dissident soviétique. On ne réagit pas, supposant confusément que Villepin en a fait autant quand il était au pouvoir. Y serait-il encore, que Sarkozy, sans doute, ne serait pas mieux traité que Villepin ne l'est aujourd'hui. A l'inverse des bruyants socialistes, les chefs de guerre de la droite cachent leurs poignards, mais les lames sont trempées au curare. Bref, il est improbable que les infortunes de Villepin déclencheront dans les forums d'@si des torrents de compassion.

 

Mais il faut aller fouiller dans le fond des dépêches obscures, pour lire des nouvelles comme celle-ci: l'un des deux juges qui viennent de renvoyer Villepin en Correctionnelle, Henri Pons, devait être muté le 3 novembre à Montpellier. Catastophe ! Le dossier Villepin n'était pas bouclé. Les choses eûssent risqué d'être retardées. Heureux hasard ! La fatale mutation a été différée de dix-sept jours. Par un beau décret. Signé par qui ? Par le président de la République en personne. Mais oui, entre deux directives à Poutine et à Bush, il a trouvé le temps de se pencher sur la mutation à Montpellier d'un magistrat. Le président de la République, ce n'est pas ce justiciable nommé Sarkozy Nicolas, partie civile dans l'affaire Clearstream, et directement intéressé au renvoi de Villepin en Correctionnelle ? Mais si, c'est le même. Et qu'en dit la presse ? Rien. Elle est occupée ailleurs. Par quel prodige d'anesthésie sommes-nous dans un pays, dans lequel ce genre de nouvelles ne fait pas la Une ? C'est un mystère de plus.


Repris de: La gazette d'@rrêt sur images, n° 47

Par laoba - Publié dans : je-me-mets
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Jeudi 20 novembre 2008

PROPOS DE NOTRE ATTENTIONNE MINISTRE: DARCOS


"Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l'état, que nous fassions passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?".

3 juillet 2008



«Est-ce qu'il ne faudrait pas qu'une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale ? Nous n'aurions pas ces questions»...

«Je pense que pour ce qui est de l'histoire en particulier, je me demande même si ça ne s'impose pas. C'est moins important pour des enseignements de disciplines qui ont un caractère scientifique et répétitif plus marqué. Mais peut-être que pour l'histoire ce serait nécessaire»...

«Je pense que nous réglerions une partie de nos difficultés - parce qu'on voit bien qu'on est en difficulté au fond, derrière tout cela il y a des questions politiques (...) il y a des débats profonds - et peut-être un vrai débat public devrait se passer au parlement».


voilà que Xavier Darcos a franchi une nouvelle ligne rouge. Le ministre de l'Education s'est en effet félicité de la naissance de ce nouveau groupe de l'UMP, estimant que "nous avons des associations lycéennes qui ont leur légitimité, mais qui sont très, très marquées à gauche, qui sont très antigouvernementales et qui parlent un peu au nom des lycéens, alors qu'elles parlent surtout au nom d'un parti. L'UNL est très liée au Parti socialiste, et donc je souhaiterais qu'on fasse un peu contrepoids, que d'autres lycéens puissent s'exprimer".

Darcos a franchi trois lignes rouges qui ne devraient jamais être traversées par un ministre d'une démocratie



 la réaffectation de 3 000 maîtres spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire (dans le primaire). Ces maîtres pourront au sein des écoles et dans le cadre de la nouvelle organisation de la semaine scolaire traiter au mieux et en continu la difficulté scolaire ;





Plus bas une lettre d'un collègue envoyée à son inspecteur: à lire et diffuser sans modération.












"Je refuse d'obéir !" (Lettre d'un instituteur à son inspecteur)

Colomiers, le 6 novembre 2008


Monsieur l'Inspecteur,



Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.

Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé  qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.


 

Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.


 

Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.

1. Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s'impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu'ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie l'apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l'échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables » Or, « en éducation, tout n'est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d'acquisitions immédiatement repérables ». (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d'entreprise et de libéralisation de l'école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c'est-à-dire sur la progression des résultats chiffrés. C'est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n'ont fait l'objet d'aucune évaluation sérieuse et que d'autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d'ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d'un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C'est pourquoi en conscience, j'ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l'esprit des programmes de 2002.

2. Tout particulièrement, je refuse de m'inscrire dans la logique d'une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd'hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d'échanger, de se respecter. Nous avons besoin d'une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L'éducation citoyenne est l'un des piliers de l'école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l'emprise de la violence. La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd'hui, comme hier, en conscience, j'ai fait le choix d'une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.


 

3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l'organisation des écoles, qu'il faut aujourd'hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d'aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d'enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d'hier et d'aujourd'hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C'est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l'esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n'appliquerai pas ce dispositif d'aide personnalisée tel qu'il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l'accord des parents.


 

4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l'opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu'il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l'échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d'élèves pour les stages de remise à niveau.


 

5. La loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles les jours de grève n'est pas autre chose qu'une loi de remise en question des modalités d'application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum d'accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d'accueil les jours de grève, il devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l'administration et j'informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.

Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c'est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c'est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n'avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.


 

Et devant les errances de la modernité, le professeur n'a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l'immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l'émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d'éviter la sélection par l'échec, il doit incarner l'exigence pour tous.

Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean-Luc Godard, « c'est la marge qui tient la page. » »

Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.


 

Monsieur l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.


Alain REFALO

Professeur des écoles

Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)


Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.



Article ajouté le 2008-11-06 , consulté 899 fois


Par laoba - Publié dans : je-me-mets
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Vendredi 30 novembre 2007

Sarkovara sarkovara.jpg "C'est une véritable révolution que je propose", a souligné
le président de la République, qui a dit vouloir ainsi sortir la
négociations salariales de "l'atonie".

Nous sommes sauvés, CAMARADES...
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Lundi 5 novembre 2007
Des moyens? Sous quelle forme?
Que de questions, monsieur le président! C'est un peu ce que m'inspire votre prose. Plus de questions que de réponses. Ça on a l'habitude à l'éducation Nationale.
Votre évaluation me semble faussée dès à présent. Vous dites: « Jadis.....L'instituteur, le professeur était fier de son métier, fier de servir la République et une certaine idée de l'Homme et du progrès. ».

 C'est toujours le cas. On vous a menti. Les enseignants ne sont pas résignés. Ils sont fatigués d'être pris pour des gugusses, pris en otage, comme vous aimez à le dire, par les politiques.

« Mais vous devez, vous le professeur, l'enseignant, comme les parents, vous montrer exemplaire. Exemplaire par votre comportement, par votre tenue, par votre rigueur, par votre esprit de justice, par votre implication. Exemplaire aussi par votre capacité à faire prévaloir l'autorité du maître, par votre souci de récompenser le mérite et de sanctionner la faute."

On m'a toujours appris que l'exemple doit venir d'en haut. Nous pourrions toujours nous évertuer à être des modèles de comportement (et je n'ai pas entendu dire qu'il y ait beaucoup d'enseignants indignes), nous habiller en Prada (si nous en avions les moyens), tels de petits Saint Louis délivrer la justice sous le chêne que vous ne manquerez pas de faire planter dans toutes les cours d'école, et nous pourrions même coucher au fond de notre classe pour bien montrer notre implication, si l'état et ceux qui la représentent, les élites, et les intellectuels qui font la renommée de ce pays se comportent comme le premier Traider venu, alors il n'y a aucun espoir.

J'espère que le but de tout cela sera bien: «  ... d'être plus efficace, non de rationner. » Mais le petit doigt du singe à qui on n'apprend pas à faire la grimace me dit que ce n'est pas sûr, du tout!

Franchement, Monsieur le président, ça m'a fait plaisir de bavarder avec vous un moment. Je sais que vous ne buvez pas d'alcool, (que ne sais-je pas de vous?) mais j'avais l'impression d'être accoudé avec vous dans mon bistrot favori, lorsque j'emmène ma fille à son cours de danse (et oui j'en ai encore les moyens ( heureusement que sa mère exerce une profession libérale! Je ne peux malheureusement pas donner son adresse ce serait de la publicité illégale.)
Toutes ces questions, on  en entend parler à chaque coin de rue, devant chaque école, dans tous les conseils d'école. Pas sûr que ce soit ce genre de bavardage qui solutionne la crise. Mais ça fait du bien de vider son sac, d'avoir pour un instant l'impression de pouvoir mener le monde aux côtés des puissants.
Plus de luttes des classes! Certes! Mais une Fracture qu'un certain a dit sociale. A parler de progrès, on pourrait croire qu'on avance, qu'on va de l'avant. Rien n'est plus trompeur. Comme disait le regretté Pierre Dac, « Notre avenir est devant nous, mais nous l'aurons dans le dos à chaque fois qu'on se retournera. »
Par laoba - Publié dans : je-me-mets
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