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Mercredi 15 février 2006
Ces temps-ci, il vaut mieux vendre du pétrole que du vin rouge
Viva la mondialisation des profits
Par laoba
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Samedi 18 février 2006
En 2002 Philippe Val rédac  chef de Carlie Hebdo écrivait déjà:

Que le choses soient claires , le droit - que l’on a acquis de haute lutte - de se moquer du petit Jésus ou de Mahomet, on n’est pas près de l’abandonner. Il est constitutif du monde dans lequel nous voulons vivre. Ceux qui ne sont pas d’accord avec nous peuvent librement se foutre de notre gueule, on ne risque pas de les menacer de mort pour ça. (...) La critique des idées - y compris les idées religieuses - est la raison d’être même de notre journal. Si l’on s’en excusait, cela reviendrait à dire que l’on regrette d’exister, ce qui est une impossibilité logique. C’est une manie des semeurs de certitudes de menacer de mort les semeurs de doutes. (...) Quant à ceux qui se disent humiliés car on a humilié leur dieu, ils prouvent qu’ils se prennent pour dieu lui-même. Pour eux, c’est sûr, les bombardiers de Bush ne peuvent rien. En revanche, un bon psychiatre..."

J
e ne peux qu'adhérer à ce discours: c'est notre histoire à nous! Au moins ce canard lui assume depuis toujours son engagement. Seul la veulerie actuelle de nos "élites" françaises et européennes trop occupées à faire du blé sur le dos de leurs peuples peut permettre à tous ces semeurs de certitudes de prendre du poil de la bête...
Par laoba
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Dimanche 21 octobre 2007

Lyon dans la nuit du 20 au 21 octobre 2007





Monsieur le Président de la République


Vous avez bien voulu vous adresser aux éducateurs que nous sommes pour nous indiquer le chemin à suivre. Vous avez été élu par le peuple français. Vous en avez le droit.


Je me permets de vous répondre aujourd'hui, d'abord car il serait impoli et irrespectueux de ne pas accuser réception de votre message. D'autre part votre lettre m'inspire un certain nombre de réflexions.


Nous parlons donc d'avenir pour nos enfants et leur école!


Comme toute personne sensée, il est normal de se retourner pour voir d'où l'on vient avant de poursuivre son chemin.


En effet nous avons « .... la responsabilité d'accompagner l'épanouissement de [leurs] aptitudes intellectuelles, de [leur] sens moral, de [leurs] capacités physiques depuis [leur] plus jeune âge et tout au long de leur adolescence. Cette responsabilité est l'une des plus lourdes mais aussi des plus belles et des plus gratifiantes. »


La tâche est en effet gratifiante et lourde, aussi bien en tant que parent (j'en suis) et qu'enseignant (je le suis depuis 30 ans et pour quelques longues années encore)


Peser la part de nature et de culture dans sa pratique quotidienne n'est pas chose aisée. Nous pensions en tant qu'enseignants que c'était le rôle de nos ministres et de leur administration, des penseurs de programmes, des enseignants chercheurs....

Apparemment, nous nous sommes trompés...Ou bien, on nous a trompé.


Puisque selon vous: « L'échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables. »

Qui est responsable? Si tant est que le constat soit exact!

Était-ce à nous de refonder les programmes et ainsi désobéir aux instructions officielles, que j'ai vues pour ma part défiler à grande vitesse et en grande quantité, tout au long de ma carrière? Ne sommes nous pas les rouages, les maillons extrêmes d'une mécanique qui s'est emballée? Pas de « feedback » possible dans ce système! Pourtant, nous en aurions eu des choses à dire... Mais certainement pas à notre hiérarchie immédiate, elle-même courroie de transmission aveugle, et de plus chargée de notre « évaluation » Encore moins à nos hiérarques.


« L'autorité des maîtres s'en est trouvée ébranlée. Celle des parents et des institutions aussi. »

Vous attribuez la perte d'autorité de la société à la pré éminence de la psychologie dans l'éducation: la personnalité de l'enfant valorisée au détriment de la culture.

Ne serait-ce pas prendre le problème à l'envers? N'est-ce pas parce que cette société a perdu le respect d'elle-même, en cherchant dans le miroir aux alouettes de la consommation débridée, du profit immédiat et de la « peopolisation » une image d'elle-même qui ne lui correspond pas?

L'école n'est-elle pas victime de ceux qui la composent et la pensent?

Ce modèle n'a-t-il pas montré ses limites? Regardons du côté des « grands frères: Etats-unis Royaume uni...

On ne peut pas en appeler aux valeurs, « Nous avons le devoir de leur apprendre que tout ne se vaut pas, que toute civilisation repose sur une hiérarchie des valeurs, que l'élève n'est pas l'égal du maître » et démontrer au quotidien que, si justement, tout est mis sur un pied d'égalité par les médias , les ministres , les présidents... libérer du temps de cerveau pour Coca cola...

Le pouvoir des médias...! Vous l'avez bien compris, vous, monsieur le président. La seule culture commune que nous transmettons actuellement à nos enfants est celle de la Starac', du maillon faible, des enfants de la télé, et autres sitcoms cyniques;et vous semblez en être le chantre, vous qui les utilisez et en abusez jusque dans votre vie intime...

Oui nous avons «  la responsabilité d'accompagner l'épanouissement de leurs aptitudes intellectuelles, de leur sens moral, de leurs capacités physiques depuis leur plus jeune âge et tout au long de leur adolescence. » et c'est pour cela que nous devons nous interposer entre la société du tout paraître et de l'avoir au profit de l'être.


« Que voulons-nous que deviennent nos enfants ? »

Excellente question monsieur Sarkozy!

C'est vrai: « Il serait vain pourtant de chercher à ressusciter un âge d'or de l'éducation, de la culture, du savoir qui n'a jamais existé. » Il n'est pas question d'appliquer à ce XXI ème siècle les recettes de Voltaire, Rousseau, Jules ferry...; c'est leur esprit qui doit nous inspirer.

Pour permettre à la jeunesse de ce pays de devenir:

« Des femmes et des hommes libres, curieux de ce qui est beau et de ce qui est grand, ayant du cœur et de l'esprit, capables d'aimer, de penser par eux-mêmes, d'aller vers les autres, de s'ouvrir à eux, capables aussi d'acquérir un métier et de vivre de leur travail. » il faudra autre chose comme référence que la rentabilité à tout prix, le profit d'un petit nombre et les difficultés financières de la majorité, la préférence nationale, les tests ADN, les caméras de surveillance généralisées, les drones pour surveiller les banlieues, la précarité de l'emploi, du logement, l'exonération des poursuites pénales pour les patrons voyous, les romans photos quotidiens dans nos quotidiens et à la télé des « grands » de ce pays.

Il faut balayer devant sa porte, avant de donner des leçons...

Que puis-je expliquer à ma fille de 8 ans lorsqu'elle entend dire que quelqu'un a préféré se jeter par la fenêtre plutôt que d'être obligé de retourner dans un pays qui le bâillonne? Comment lui dire que nous sommes tous responsables de ces SDF qui meurent dès que le thermomètre descend, de ces ventres ballonnés d'enfants dénutris en Afrique; comment lui expliquer qu'on se réunit actuellement pour « sauver la planète » en permettant que des cultures OGM mettent en péril toute l'humanité pour le profit de quelques grandes firmes multinationales et de quelques grands producteurs, et que les mêmes tentent de nous vendre les bio carburants sous la même étiquette, qui vont affamer un peu plus les populations qui ne peuvent pas rivaliser sur le marché mondial des céréales? Où sont nos valeurs?

Oui je suis d'accord avec vous monsieur: « Notre rôle n'est pas d'aider nos enfants à rester des enfants, ni même à devenir de grands enfants, mais de les aider à devenir des adultes, à devenir des citoyens. Nous sommes tous des éducateurs. » Vous devriez être le premier d'entre nous!

Oui « Cet amour et ce respect que nous leur devons exigent que nos relations avec eux ne soient empreintes d'aucune forme de renoncement ni de démagogie » or nous sommes en plein renoncement de tout ce qu'est l'esprit français, en pleine démagogie mondialiste.


Mais je m'emballe, je m'emballe... Revenons à notre courrier...

J'aime beaucoup ce passage de votre missive: « Nous avons le devoir de leur apprendre que nul ne peut vivre sans contrainte et qu'il ne peut y avoir de liberté sans règle. Quels éducateurs serions-nous si nous n'apprenions pas à nos enfants à faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit ? Quels éducateurs serions-nous si nous n'étions pas capables de sanctionner nos enfants quand ils commettent une faute ?

D'abord parce qu'il parle de devoir, et en tant qu'enseignant le devoir, je sais ce que c'est, foi de hussard de la République.

Il ne peut y avoir de liberté sans contrainte: joli sujet de philo au bac, surtout si on y adjoint quelques photos de yacht au large de Malte, quelques commentaires de soir d'élections sur les Champs, et autres célébrations de mariages dans le « grand monde ». Des contraintes? Quelles contraintes? La liberté d'avoir les amis qu'on veut, ça c'est important! Et foin des charges d'état, d'équité, de devoir de réserve. C'est un exemple, ça.


L'idée de faute et son corollaire la sanction me plaît bien aussi. Je ne reviendrai pas sur des non lieux récents, concernant quelques affaires de prise d'intérêts et d'avantages en nature de quelques hommes politiques en vue et des plus haut placés, trop respectueux que je suis des décisions de la justice de mon pays et de la présomption d'innocence... Mais il me semble là encore qu'il y a petite et grande vitesse dans la résolution des affaires. Enfin, oui, il faut apprendre à nos enfants ce qui est bien et ce qui est mal, j'en conviens comme vous monsieur le président: « Quels éducateurs serions-nous si nous n'étions pas capables de sanctionner nos enfants quand ils commettent une faute ? »

Oui monsieur, « Le sentiment de l'impunité est une catastrophe » mais pas seulement pour la morale, surtout pour l'avenir de notre nation.

Bien sûr je ne peux que vous paraphraser en repensant à cette affaire EADS: « l'éducation doit aussi inculquer à l'enfant le goût de l'effort, lui faire découvrir comme une récompense la joie de comprendre après le long travail de la pensée. » Le travail de la pensée a été là très fort chez les dirigeants de la plus grande entreprise européenne. C'est la joie de leurs concurrents outre Atlantique à laquelle je pense en ce moment.


Monsieur le président, je comprends mieux l'engouement de la population pour votre personne lorsque je lis un tel passage: « Récompenser le mérite, sanctionner la faute, cultiver l'admiration de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est vrai, de ce qui est profond, et la détestation de ce qui est mal, de ce qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre... » Vous avez un sens de la formule qui va droit au but. (cf ce qui précède, là, juste avant...). Nul doute que ce passage restera dans l'histoire.

Je me sens bien faible face à un tel grand exemple: comment définir ce qui est bien et ce qui est juste, ce qui est vrai et ce qui est profond?

Comment détecter ce qui est mal et ce qui est injuste, ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre... sauf peut-être à me contempler dans un miroir, monsieur le président?


Et puis vient le sublime!


Je souhaite qu'on apprenne à chacun d'entre eux à respecter le point de vue qui n'est pas le sien, la conviction qu'il ne partage pas, la croyance qui lui est étrangère, qu'on lui fasse comprendre à quel point la différence, la contradiction, la critique loin d'être des obstacles à sa liberté sont au contraire des sources d'enrichissement personnel.


Vous nous montrez vous-même la voie: ouverture, que dis-je Ouverture de votre gouvernement à la différence (visible) à la contradiction (pas trop virulente tout de même...). C'est vrai, la critique loin d'être des obstacles à sa liberté, et vous nous l'avez démontré au cours de l'odieuse campagne médiatique contre vos trois jours de vacances tant mérités, sont au contraire des sources d'enrichissement personnel.

Je sens que je commence à comprendre.


Vous répondez de manière magistrale à une de mes angoisses: « ...nous devons conserver, même si nous devons le rénover, notre modèle d'école républicaine qui brasse toutes les origines, toutes les classes sociales, toutes les croyances... » Je pensais bien maladroitement avoir deviné au travers des interventions télévisées de nos ministres que cette école là était perdue, à jeter, que rien ne valait la concurrence et l'ouverture au secteur privé, que les maires des communes devaient subvenir aux besoins des établissements privés, qu'une saine concurrence devait régner dans toutes les strates de notre société du 3ème millénaire. Je prends acte qu'il n'en est rien. La suppression de la carte scolaire ne va pas créer et amplifier les ghettos, la ségrégation. Vous l'avez dit, nous allons vous croire: «  pour que les différences de rythmes, de sensibilités, de caractères, de formes d'intelligence soient mieux prises en compte de façon à donner à chacun une plus grande chance de réussir. » Certains disent que c'est pour ne pas faire de l'ombre à ceux qui réussissent dans des filières d'excellence liées à leur statut social;vous apportez un démenti convainquant! Il faudra tout de même que vous nous éclairiez sur la notion de réussite...


Pareillement, sur la laïcité, je sens en vous un fervent défenseur de ses valeurs: « parce qu'elle est le plus sûr moyen de lutter contre la tentation de l'enfermement religieux. Au risque de la confrontation religieuse qui ouvrirait la voie à un choc des civilisations, qu'avons-nous de mieux à opposer que quelques grandes valeurs » Vous avez raison, plutôt que des frappes aériennes ciblées, il vaut mieux utiliser des armes inoffensives éprouvées, si possible maniées par d'autres...

Par contre sur le fait religieux étudié à l'école, en parlant de laïcité, je me permets d'apporter une toute petite contradiction: «  Le spirituel, le sacré accompagnent de toute éternité l'aventure humaine. Ils sont aux sources de toutes les civilisations et l'on s'ouvre plus facilement aux autres, on dialogue plus facilement avec eux quand on les comprend. » Si il est vrai que le spirituel et le sacré ont suivi l'humain dans son errance sur Terre, je crois qu'ils ont été à l'origine de plus de guerres et de bains de sang que de compréhension mutuelle. Mais, bon, on ne va pas chipoter!


Pardonnez-moi par avance de cette question stupide mais ce passage de votre lettre fait-il référence à la mondialisation?: Éduquer c'est éveiller la conscience individuelle et la hausser par paliers jusqu'à la conscience universelle, c'est faire que chacun se sente une personne unique et en même temps partie prenante de l'humanité tout entière. Entre les deux il y a quelque chose d'essentiel que nulle éducation ne peut contourner. Entre la conscience individuelle et la conscience universelle il y a, pour nous Français, la conscience nationale et la conscience européenne. Car enfin, cette conscience universelle, elle a pour finalité quoi? C'est quoi son objectif? Plus de produits de consommation pour les plus riches et plus de travaux pénibles pour ceux qui ne peuvent pas se défendre? Et comment faire passer ce message auprès de nos chères têtes blondes?

Éclairez-moi.


C'est comme pour l'identité nationale. Vous dites que c'est: « une façon qui nous est propre de penser, de réfléchir. Je pense à cette tradition française de la pensée claire, à ce penchant si français pour la raison universelle qui est dans notre philosophie, dans notre science, mais qui est aussi dans notre langue, dans notre littérature, dans notre art. »

Bien. Très bien. Mais alors que dire à ce petit Roumain qui est dans ma classe depuis la rentrée, à qui j'essaie d'apprendre les rudiments de notre belle langue et de notre culture universelle, quand le matin (car il vient tous les matins) il me raconte que la police est venue le déloger, lui et sa famille, de son campement de fortune sous un pont à l'entrée de Lyon en disant « dégage, dégage ». Comment lui faire comprendre qu'il y a les valeurs universelles, la pensée claire et la sombre réalité du quotidien loin des médias. Comprendra-t-il? Admettra-t-ilque: « ... les héritages de toutes les cultures, de toutes les civilisations appartiennent à toute l'humanité. Nous sommes nous-mêmes les héritiers de toutes les conquêtes, de toutes les créations de l'esprit humain. Nous sommes les héritiers de toutes les grandes civilisations qui ont contribué à la fécondation réciproque des cultures qui est en train d'engendrer la première civilisation planétaire. » et que nous serions, nous, Français de souche les seules habilités à en profiter?


Au moins pourrons-nous lui expliquer, à lui et à tous ses semblables, dans leur propre langue puisque vous nous voulez polyglottes... «... nos enfants apprennent des langues étrangères, et je souhaite qu'ils en apprennent obligatoirement au moins deux en plus du Français ...»


Je me suis longtemps demandé en lisant ce passage: « si beaucoup d'entre eux n'arrivent plus à s'exprimer que par l'agressivité, par la brutalité, par la violence, c'est peut-être aussi parce qu'on ne les a pas initiés à la littérature, à la poésie, ni à aucune des formes d'art qui savent exprimer ce que l'homme a de plus émouvant, de plus pathétique, de plus tragique en lui. » si vous ne vous étiez pas trompé de sujet (sauf le respect que je vous dois) en parlant d'adolescents? Ne vouliez-vous pas plutôt parler des forces de l'ordre? Quelques exemplaires de recueils de poésies en lieu et place des tasers et autres flashball devraient apaiser les banlieues ne croyez-vous pas?


Mais je plaisante, je plaisante et je n'aborde pas les sujets importants. C'est qu'il va me falloir des arguments pour faire aussi long que vous...


L'idée que l'enfant de famille modeste, celui qui est né dans l'un de ces quartiers difficiles qui accumulent les handicaps, le fils ou la fille de l'employé, de l'ouvrier n'aurait pas besoin d'être confronté aux grandes œuvres de l'esprit humain, qu'il ne serait pas capable de les apprécier, que lui apprendre à lire, écrire et compter serait bien suffisant, est pour moi l'une des plus grandes marques du mépris. Dites-vous. Mais personne autour de moi n'a jamais dit cela. On vous aura mal informé. Venez donc voir un peu notre pratique au quotidien. (mais surtout sans caméra et gardes du corps, les élèves s'effarouchent facilement) Vous verrez que partout des enseignants sans moyen, des associations sans subventions dignes, tirent nos ados et nos petits vers le haut. Et même des gendarmes ont voulu leur ouvrir le monde du plaisir sportif. Que n'a-t-on pas dit alors dans votre entourage,(et je crois bien même que vous y avez participé) sur le rôle d'un flic qui n'est pas de jouer au foot mais de serrer les petites frappes... Seriez-vous parfois méprisant monsieur le président?


« Mais la culture véritable exige davantage que la récitation. Elle ne s'installe en profondeur qu'à travers l'éveil de la conscience, de l'intelligence, de la curiosité. Il faut amener l'enfant à s'interroger, à réfléchir, à prendre de la distance, à réagir, à douter et à découvrir par lui-même les vérités qui lui serviront durant toute sa vie. »

Je vois, monsieur le président, que pour vous la culture est un sujet sur lequel vous êtes intarissable.

Cette réflexion me pose question: si le but de la culture que nous devons donner à nos jeunes est de les amener à découvrir par eux-mêmes les vérités qui leur serviront toute leur vie, je pense que nous avons atteint notre but, vous, moi et toute notre société de consommation et du paraître.

Regardez-les!

Ils ont parfaitement compris qu'il n'y a d'aide à attendre de personne dans le futur que vous êtes en train de nous mettre en place: mutualisation des moyens et des ressources, de l'aide sociale, de la sécurité. Tout cela pèse trop lourd sur les épaules de nos chefs d'entreprises. Nous devons les en libérer pour plus de compétitivité.

Ainsi soit-il!

Les jeunes maintenant, il veulent quoi? De la tune, du blé, de l'oseille, de la fraiche à donf! Pourquoi? Mais parce que mon bon monsieur, c'est ce que tout le monde veut n'est-ce pas? Leurs parents, leurs voisins, leurs élus, leurs patrons, leurs ministres (cumulards) et même leurs anciens et nouveaux présidents. Avec ça t'as pas de souci à te faire! Tu peux tout avoir. Tout ce qui compte pour cette société-là.

Le message est bien passé. Pas de souci à se faire.

Il est vrai que les bonnes vielles leçons du papa La Fontaine, les « flatteurs qui vivent aux dépens de celui qui l'écoute » et les « bien mal acquis qui ne profitent jamais » et du vieux Voltaire avec son « Ce monde, ce théâtre et d'orgueil et d'erreur, est plein d'infortunés qui parlent de bonheur » ne sont plus à la page... Que dire de ce pauvre Verlaine et de son: « Prends l'éloquence et tords-lui son cou ! »



Alors là, Monsieur le Président, vous me faites vraiment plaisir: « Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe. Très tôt, ils doivent aller dans les théâtres, les musées, les bibliothèques, les laboratoires, les ateliers. Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de la nature et initiés à ses mystères. C'est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d'histoire mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, le plus de signification. Il faut apprendre à nos enfants à regarder aussi bien le chef d'œuvre de l'artiste que celui de la nature. Pas plus qu'il ne faut hésiter à les mettre en contact avec les grandes œuvres de l'esprit humain et avec ceux qui les maintiennent vivantes. »

En vous lisant je nous vois comme les dignes héritiers des civilisations hellénique et romaine. Rousseau et son Émile ne sont pas loin! Enfin quelqu'un a compris ce qui manquait à notre école!

Bon, il est vrai que depuis trente ans, cette idée-là, je l'ai croisée quelque fois, sans jamais pouvoir l'aborder et la « draguer » un peu. En effet, comment proposer une vielle 2CV pourrie à une pin-up qui exige une Cadillac?

Que dis-je 2CV? Je ne l'ai même plus celle-là qui me permettait, il y a encore peu, d'emmener mes élèves à Chamrousse en classe rousse (ça rime!). En vélo'v, voilà ce qui me reste, et encore à la journée, sans hébergement... Pour les « folles nuits d'amour avec ma pin-up", il faudra repasser.

Vous m'ouvrez de nouveaux horizons. Je crois bien qu'à ce compte-là je vais adhérer à votre "travailler plus pour gagner plus", en espérant que La Fontaine, Voltaire et Verlaine ont tort. De toute façon, vous avez déjà tenu à moitié votre parole; je vais travailler plus (longtemps)

Comme mon plombier (polonais?).

Car vous avez raison monsieur: « Car c'est un autre des défauts de notre éducation traditionnelle que d'opposer ce qui est manuel à ce qui est intellectuel. Cloisonnement absurde qu'il faut briser pour que les filières professionnelles soient reconnues comme des filières d'excellence au même titre que les autres. » C'est ce que je me dis à chaque fois que ma machine à laver tombe en panne ou que je perds mes clés.



Bon. Assez parlé des sujets qui fâchent!

En cette soirée de finale de Coupe du Monde de Rugby, je ne pouvais pas ignorer le sujet du sport à l'école.

Mais le sport est aussi une école du respect des autres, du respect de la règle, de la loyauté et du dépassement de soi.

C'est bien ça. A ne pas en douter un seul instant. Surtout lorsque les petits dans la cour de l'école se la jouent Zidane/Materasi ou chantonnent le jingle de la pub Madrange.(R)

Quant au dépassement de soi, quel meilleur exemple que le Tour de France (C)

Il est certain que tous les sponsors n'ont qu'une idée en tête, le respect des règles; il ne leur viendrait jamais à l'idée que tout est bon pour gagner, passer devant la concurrence, écraser l'adversaire. C'est bien cet esprit-là qu'il faut inculquer à nos petits: la loyauté.


Je vous ai compris, monsieur Sarkozy.


« Comprenez-moi bien, il ne s'agit pas dans mon esprit d'alourdir encore les horaires d'enseignement qui sont déjà trop lourds. Il ne s'agit pas d'ajouter encore des enseignements nouveaux à une liste déjà trop longue. Dans mon esprit, il s'agit au contraire, de redonner à nos enfants le temps de vivre, de respirer, d'assimiler ce qui leur est enseigné »


Votre liste à vous est longue aussi; mais comme vous l'avez dit au cours de votre campagne « tout est possible, tout est réalisable » Il suffit de le vouloir. Armons-nous et partez.


Quant à redonner le temps de respirer, faudra-t-il qu'il y ait encore quelque chose à respirer après votre Grenelle de l'environnement.


Là, j'adhère: «... l'école s'est trouvée confrontée à une masse croissante d'exigences contradictoires et à des tensions et des attentes de plus en plus fortes au fur et à mesure que la cohésion sociale devenait plus fragile. » Vous voyez bien que j'avais raison un peu plus haut lorsque je disais qu'on prend le problème à l'envers: le problème, ce n'est pas l'école, les enseignants, les parents, les programmes, les différences sociales... C'est bien l'enjeu que représente l'école pour la société: qui positionne bien son idéologie à l'école peut espérer en tirer le meilleur parti pour l'avenir. A force de tirer à hue et à dia, l'école a été écartelée, et bien malgré elle. Il serait temps de réhabiliter tous ses acteurs.


Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à tous.


Là mon président, je suis un peu gêné Ça me rappelle la vieille plaisanterie du verre à moitié vide ou à moitié plein et je n'ai jamais bien su quoi répondre... Le maximum, c'est quoi? Qui le définit? Qui le valide? Qui l'évalue? Pareillement pour le Minimum. J'y suis t'y? J'y suis t'y pas? Viendrez-vous m'y aider comme on dit à Lyon.


C'est comme pour: « la remise à plat des rythmes et des programmes scolaires »

A plat, je peux vous dire que nous y sommes déjà. Et ce n'est pas la suppression de 11500 postes d'enseignants qui risque de nous regonfler...

Je sais, je sais. C'est un mauvais calembour. Mais étant donné qu'il est tard et que j'ai déjà « saigné » (non pas sur des guitares) mais sur ce texte de nombreuses heures, (comme me l'a reproché ma grande de 14 ans qui vient d'aller se coucher après la victoire des springboks) je me lâche un peu histoire de vivre et respirer un peu. Vous voyez, je ne vous cache rien. C'est du direct live.

Remettons donc encore une fois sur le métier les rythmes et les programmes. Je l'ai entendue aussi beaucoup celle-là! Ferry (pas Jules), le mammouth, Bayrou, Debré, Joxe, Fouchet, Peyrefitte, Pompidou, Faure, Guichard, Fontanet, Mazeaud (pas Jo), Haby, Soisson, Beullac, Pelletier, Debarge, Savary, (pas Jérôme, ça aurait pourtant été plus drôle), Chevènement (et oui même le Ché): tous, je me souviens de tous et même des obscurs, des qui n'ont pas laissé leur trace comme Jack. Et puis quoi?

Et si on demandait à ceux qui savent? (Oui je sais les Guignols l'ont déjà faite celle-là)

Et ceux qui savent, ce sont les petits rouages à la base, nous qui sommes avec les petits tous les jours. Bien sûr, nous aurions besoin de l'expertise des savants. (pas comme nous, ânes bâtés) des experts tiens! Il faut bien qu'ils existent aussi puisque vous le dites: « ...chacun d'entre vous se fasse un devoir de travailler avec les autres. » Promis, on ne les enverra pas faire le café. Mais des idées sur les moyens d'y arriver, on en a.

« La volonté politique ne peut suffire à elle seule. » Suffire, certainement pas; encore faudrait-il qu'il y en ait une pour sauver l'école de la République.



Sans vouloir nous vanter, je peux vous assurer que: « Chacun doit passer par-dessus ses préventions ou ses a priori pour remplir son devoir qui est de préparer l'enfant à devenir adulte. » ça ne concerne pas la majorité, voire l'immense majorité des enseignants (ou du moins de ceux que je connais). S'il y a un métier que les gens choisissent pour des raisons autres que son petit ego personnel, c'est bien celui-là. Tous les jours, les enseignants « se mettent en scène » et s'ils n'avaient pas l'amour des enfants et en tête leur réussite, ce serait intolérable très rapidement.

Le devoir, nous savons ce que c'est. Ce n'est pas d'abonder aveuglément à ce qui nous tombe d'en haut si souvent. C'est de pallier au quotidien à toutes les carences du système, quitte à donner de sa personne, de son temps, de son argent même. Il y a bien comme dans tout corps de métier des gens qui se sont fourvoyés là, mais ils sont peu nombreux; les enfants ne pardonnent rien. Ce ne sont pas des clients, des objets, des meubles. Leurs regards vous percent à jour très vite.


Et puis si vraiment vous êtes prêt : « à faire en sorte que plus aucun enfant ne soit livré à lui-même une fois la classe terminée afin que vous puissiez achever votre journée de travail sans éprouver l'angoisse de savoir votre fils ou votre fille sans surveillance, sans encadrement. » Ce serait un grand Ouf! de soulagement dans toute la société. Un vrai signe que nos enfants comptent pour elle. Il faudra quand même voir dans quelles conditions, et peut-être enfin reconnaître le statut de parent en allégeant les horaires de travail de certains pour que leurs petits connaissent autre chose que les murs de l'école, même peints de couleurs vives. Là, les 35 heures auraient pu jouer un rôle.


Inutile, en passant, de nous faire miroiter de meilleurs salaires. Les enseignants ne sont pas vénaux. Ils s'étonnent qu'on les considère si bien, mais qu'ils arrivent à perdre 25% de leur pouvoir d'achat depuis 1981 comme l'a montré une étude (sérieuse) récente, dont je n'arrive pas à retrouver les références mais que vous devez avoir par devers vous monsieur le président.

Ce n'est pas l'appât du gain qui vous gagnera notre adhésion, ne vous y trompez pas. Surtout quand vous ajoutez un peu cyniquement que ce serait avec les salaires des enseignants qui nous feront défaut que notre quotidien serait amélioré...



« L'évaluation sera partout la règle et les moyens seront répartis en fonction des résultats et des difficultés que rencontrent les élèves. »

Dites-vous, d'un ton très ferme.

L'évaluation, par qui? De qui? Sur quels critères? Dans quel délai?

Les résultats? De quel projet?

Les difficultés? De quel ordre? Dans quel champ?


Par laoba
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Lundi 5 novembre 2007
Texte envoyé à l'hebdomadaire Marianne.
Il me faut continuer à alimenter le débat d'opinion.
 Je n'ai pas voté Sarkozy, et je ne m'attendais à rien de bon, mais là,  j'hallucine de plus en plus.
Je suis instit depuis plus de 30 ans. Tout au long de ma carrière, je n'étais pas bien riche, mais,  bon, ça allait, et je me disais qu'avec de l'ancienneté ça irait mieux...J'aurais une retraite décente...
Bon, ne parlons plus de retraite, ça fâche!
Et puis d'un coup, grâce à une petite manipulation, voilà que mon ministre des finances décide que je suis plus riche que l'année dernière: réduction de 7 à 5 tranches pour le calcul de l'impôt sur le revenu, suppression de l'abattement forfaitaire de 20% et d'un coup d'un seul mes salaires imposables passent de 17834€ à 23970€: belle augmentation qui ne ferait pas rougir un président de la république!
Mon impôt augmente donc de 180€ d'un coup, sans que je n'ai un centime de plus dans mon porte monnaie...
Bien sûr la taxe d'habitation, indéxée sur le revenu imposable augmente aussi, 86€ de plus, ou de moins plutôt, et jusqu'à mon banquier qui s'en mêle: puisque je paie plus de 722€ d'impôts , je ne peux plus bénéficier de mon compte épargne populaire. Chouette!
Qu'en dites-vous? Pas mal le hold-up!
Je fais sans doute partie de cette classe dite moyenne dont tout le monde parle: aucune aide de nulle part, et des ponctions de plus en plus dures à supporter.
Pourquoi se plaindre? J'ai la garantie de l'emploi... Je ne travaille pas beaucoup (fainéants d'enseignants), et j'ai même un président qui me dit comment je dois faire mon travail! (voir ma réponse à la lettre au éducateurs sur mon blog: http://je-me-mets.over-blog.com/)
Devant les critiques incessantes et aveugles de mon travail, j'ai décidé cette année de faire le compte précis du travail réellement effectué pour ma classe et je ferai un bilan en fin d'année scolaire. Je vous tiendrai au courant...
Voilà, c'est du ras-le-bol, je sais. Mais maintenant, ça devient grave: je compte au plus près mes dépenses et malgré tout mes comptes sont toujours dans le rouge. Emmener mes filles en vacances? Jusque-là ce n'était pas facile, mais j'y arrivais. Je ne sais pas comment je ferai cette année, car tous ceux qui nous ponctionnent, eux ne se privent pas et à quel niveau!
Voilà pourquoi je serai dans la rue dans les semaines à venir et que je vais "prendre en otage" les parents d'élèves lors des prochaines grèves.
Ce qui est le plus insupportable, c'est je crois de se faire siphonner pendant que tous, à la tête de l'état, nous endorment avec un discours lénifiant et des bonnes paroles. Ils sont vraiment fantastiques: Yaka!
Je ne sais pas ce que vous pouvez faire de mon témoignage (et encore je me retiens). Ca vaudrait peut-être le coup de faire un dossier sur tous ces petits trucs qui pourissent la vie de nos concitoyens qui ne savent plus auprès de qui protester. Ca sent mauvais. Je crains le pire.
Je me tiens à votre disposition et vous remercie sincèrement de dire chaque semaine ce que nous ne pouvons pas exprimer.
Par laoba
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Lundi 5 novembre 2007
Des moyens? Sous quelle forme?
Que de questions, monsieur le président! C'est un peu ce que m'inspire votre prose. Plus de questions que de réponses. Ça on a l'habitude à l'éducation Nationale.
Votre évaluation me semble faussée dès à présent. Vous dites: « Jadis.....L'instituteur, le professeur était fier de son métier, fier de servir la République et une certaine idée de l'Homme et du progrès. ».

 C'est toujours le cas. On vous a menti. Les enseignants ne sont pas résignés. Ils sont fatigués d'être pris pour des gugusses, pris en otage, comme vous aimez à le dire, par les politiques.

« Mais vous devez, vous le professeur, l'enseignant, comme les parents, vous montrer exemplaire. Exemplaire par votre comportement, par votre tenue, par votre rigueur, par votre esprit de justice, par votre implication. Exemplaire aussi par votre capacité à faire prévaloir l'autorité du maître, par votre souci de récompenser le mérite et de sanctionner la faute."

On m'a toujours appris que l'exemple doit venir d'en haut. Nous pourrions toujours nous évertuer à être des modèles de comportement (et je n'ai pas entendu dire qu'il y ait beaucoup d'enseignants indignes), nous habiller en Prada (si nous en avions les moyens), tels de petits Saint Louis délivrer la justice sous le chêne que vous ne manquerez pas de faire planter dans toutes les cours d'école, et nous pourrions même coucher au fond de notre classe pour bien montrer notre implication, si l'état et ceux qui la représentent, les élites, et les intellectuels qui font la renommée de ce pays se comportent comme le premier Traider venu, alors il n'y a aucun espoir.

J'espère que le but de tout cela sera bien: «  ... d'être plus efficace, non de rationner. » Mais le petit doigt du singe à qui on n'apprend pas à faire la grimace me dit que ce n'est pas sûr, du tout!

Franchement, Monsieur le président, ça m'a fait plaisir de bavarder avec vous un moment. Je sais que vous ne buvez pas d'alcool, (que ne sais-je pas de vous?) mais j'avais l'impression d'être accoudé avec vous dans mon bistrot favori, lorsque j'emmène ma fille à son cours de danse (et oui j'en ai encore les moyens ( heureusement que sa mère exerce une profession libérale! Je ne peux malheureusement pas donner son adresse ce serait de la publicité illégale.)
Toutes ces questions, on  en entend parler à chaque coin de rue, devant chaque école, dans tous les conseils d'école. Pas sûr que ce soit ce genre de bavardage qui solutionne la crise. Mais ça fait du bien de vider son sac, d'avoir pour un instant l'impression de pouvoir mener le monde aux côtés des puissants.
Plus de luttes des classes! Certes! Mais une Fracture qu'un certain a dit sociale. A parler de progrès, on pourrait croire qu'on avance, qu'on va de l'avant. Rien n'est plus trompeur. Comme disait le regretté Pierre Dac, « Notre avenir est devant nous, mais nous l'aurons dans le dos à chaque fois qu'on se retournera. »
Par laoba
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